Après plusieurs jours de bataille acharnée —mais, il faut bien l'avouer, peu loyale— la brave guerrière que je suis a été contrainte de déposer les armes et se résigner à l'impitoyable loi de l'administration...
Il y a quelques semaines de cela, j'ai souhaité informer mes supérieurs, ainsi que la DRH, (Direction des Ressources Humaines, pour ceux qui ne sauraient pas ce que cela signifie) de mon absence, pour raison médicale, du lundi 30 juillet au vendredi 17 août inclus. J'effectuerai en effet ma seconde cure thermale à la Roche-Posay pour soigner mon eczéma.
Il faut bien comprendre qu'à ce moment précis, mon geste n'est motivé que par le besoin d'être honnête et de prévenir de mon absence suffisamment à l'avance pour que le Conseil Régional ait le temps de recruter quelqu'un qui assurerait le secrétariat durant ces trois semaines.
...Que n'avais-je pas fait là ?....
En effet, l'eczéma n'est, aux yeux de la Fonction Publique Territoriale dont je dépends, pas considérée comme une maladie qui nécessite qu'on la soigne autrement que sur son temps de vacances... [« dans le cul lulu, dans le cul », comme dirait notre cher ami pignon...]
~RAPPEL DES FAITS~
Fin Juin
Je sollicite un rdv avec le Directeur de Cabinet que j'informe de la cure que je vais faire. Je fais de même avec les VP (vice-présidents) dont je m'occupe.
Jusque là, pas de souci.
Début juillet
J'informe la DRH de mon absence. Je lui communique, comme elle m'en fait la demande, le volet de la CPAM prouvant que ma cure est reconnue en maladie et prise en charge en tant que telle.
Pendant quelques jours, toujours pas de souci.
Mi-juillet
Tout part en vrille. Une nana des RH m'appelle en me disant que le volet de la sécu ne lui suffit pas. Elle veut une attestation du médecin qui m'a prescrit la cure, avec les dates et la précision que j'y vais pour soigner une « maladie chronique ». Le jour même j'appelle donc mon dermato qui m'établit cette attestation que j'apporte aux RH dès le lendemain.
Une autre semaine sans souci.
Semaine du 23 août
Une avalanche de merde me tombe dessus.
Les RH me rappellent en me disant que les papiers que j'ai fournis (sur leur demande) ne sont pas suffisants, et qu'il faut me faire passer devant un médecin agrée.
Mardi 24 août
RDV avec le Docteur G. Le verdict est clair et sans appel : mon eczéma ne m'empêchant pas d'exercer mon emploi, pas question d'être placée en arrêt pour maladie ordinaire.
Les trois jours suivants n'ont été que bataille, recherche de textes de loi, coups de fil à d'éventuels «amis» (DDASS, CNFPT, CDG, etc).
En vain.
Ma demande est refoulée partout. « Vous n'avez qu'à annuler votre cure », me dit-on... La bande d'idiots... Ils ne comprennent vraiment rien à rien...
J'aurais pu m'en sortir avec un arrêt maladie que mon médecin traitant a eu la gentillesse de m'établir, mais les RH le refusent purement et simplement et menacent de me faire contrôler si je le présente...
Le Chef de Cabinet, extrêmement gentil, compréhensif et aidant, me file un coup de pouce en m'offrant une semaine de vacances sur les trois, ce qui réduirait à deux semaines « seulement » (façon de parler) mes emmerdes. Réponse du big boss des RH : « hors de question de lui (donc, moi) accorder une semaine de vacances comme ça, sans raison ! ». La seule « solution » (façon de parler là aussi...) qu'il me propose c'est de demander un congé sans solde.
N'ayant pas d'autre choix pour être en règle, j'ai été contrainte d'accepter.
Tout ça pour dire que j'aurais du me barrer en cure sans me préoccuper de savoir qui allait gérer le secrétariat sur trois semaines, et envoyer un avis d'arrêt maladie le premier jour de cure.
Point barre.
Je suis profondément déçue, éc½urée et abattue. Je me sens trahie. J'ai fait confiance au corps médical et à la sécu qui m'ont clairement mal informée. Puis j'ai voulu être droite envers mon employeur et l'informer de mon absence.
J'ai bien été trop conne.
Aujourd'hui je vais payer ma cure, payer mon hébergement à la Roche-Posay, ... et payer mon honnêteté en m'asseyant sur mon salaire d'août.
Bref, jai les boules. Et contrairement à ce que prétend Knaki, c'est pas bon d'avoir les boules!
Morale de l'histoire : ne te soucie jamais de savoir si tu vas mettre ton employeur dans la merde ou pas, parce que lui, clairement, il ne se soucie pas de toi, il se fout de savoir si tu es dans la merde ou non, et pire, il te traine dedans.
Sur ce...